dimanche 29 juin 2008

Antelope canyon

Départ ce matin 7h30 à la fraiche et le ventre vide car pas de petit dej dans le motel de cette nuit. Nous avons 100 miles à parcourir pour atteindre Page et devons être à Antelope Canyon vers 10h pour avoir la meilleur lumière.

La route est droite et sans grand intérêt, nous commençons à être blasé par tous ces paysages grandioses et Romain et Laurent s'autorisent à finir leur nuit. Romain tente de  dissimuler sa sieste derrière ses lunettes de soleil, mais nous savons bien que quand nous ne l'entendons plus, c'est qu'il dort ;-)

Arrivé à  Page nous réservons une chambre dans le premier motel sur notre route et prenons rapidement la direction de "Lower Antelope Canyon". Il n'est que 10h mais le soleil tape fort et la journée promet d'être très chaude.

Antelope Canyon, géré (comme Monument Valley)  par les indiens Navajo, est un canyon très étroit (à peine assez large pour un humain), creusé dans la "pierre de sable" par l'eau de pluie rejoignant le Colorado lors des rares orages qui passent dans la région. Le soleil de 10h arrivant par le haut éclaire les parois couleur sable en forme de vagues et créé de nombreuses scènes photogéniques.

En sortant, nous décidons plutôt que d'aller visiter "Upper Antelope Canyon" qui ressemble certainement comme deux gouttes d'eau à Lower, d'aller nous restaurer dans notre premier Burger King. Expérience aussi décevante que celle de Mc Donalds, ils ne nous reverrons certainement pas d'ici la fin du voyage.

Nous nous rendons ensuite à Horeshoe Bend, qui est un méandre en forme de fer à cheval de la rivière Colorado dans le Glen Canyon. Le point de vue est très haut et nous offre une vue extraordinaire sur le contraste entre la couleur verte du Colorado et le rouge de la roche  qui l'entoure. Nous discernons également le fond de la rivière et la forme que créé son érosion.

La chaleur devenant limite insoutenable (il fait plus de 38°) nous décidons de nous replier dans la chambre du motel climatisée en attendant la fin d'après-midi et profiter de l'internet retrouvé.

Nous finissons la journée par un couché de soleil sur le lac Powel avec vue sur le barrage qui permet son existence. C'est là également que nous établissons notre contact le plus poussé avec un "autochtone". Le couple Romain/Laurent commence à être bien rodé, Romain aborde et Laurent enchaîne (pendant que Romain shoote discrètement).  Celui-ci s'appelle Bryan, vit à Phoenix et a décidé de passer son week-end à photographier les alentours de Page. Nous finirons par dîner avec lui ce qui nous permettra d'échanger longuement sur la photo et sur les différences culturelles entre la vielle Europe et les US.

Bryce Canyon

Décidément, le sommeil nous manque et nous décidons de démarrer cette journée un peu plus tard que la veille. 8h, c'est déjà pas mal de sommeil en plus, mais nous optimisons la procédure de départ matinale et nous nous retrouvons sur la route de Bryce Canyon vers 9h30.

La journée démarre avec une grosse marrade, le policier garé dans sa voiture, devant lequel nous avions fait un demi-tour pas très catholique la veille, - vous pouvez imaginer notre peur de nous faire arrêter par le sherif du coin, paumé le coin, hein!, je suis sûr qu'il s'appelle Rosco ;) -, est en fait un mannequin posé dans une voiture de police... Ils sont délire, ces stats-uniens! Enfin, ces américains...

La route ne dure finalement que 2 heures et demi, et nous arrivons à Tropic, - quel bled ! -, vers midi. Le tour de la ville est vite fait, il y a des motels, deux restaurants, une stations service... un peu comme toutes les villes de ces derniers jours. On se demande où habitent les locaux. Le motel que nous choisissons est un ensemble de châlets en bois, ça fait très far-west. Finalement, la chambre est au rez-de-chaussée d'une petite maison façon "petite maison dans la prairie", pas de châlet pour nous, mais force est de constater qu'elle est très grande et très propre, cette chambre.

Une fois le check-in terminé, comme le traditionnel déchargement du coffre d'ailleurs, nous prenons la direction de Bryce Canyon. Beaucoup plus touristique que les précédents parcs, nous sentons le marché captif du Ruby's Inn situé à l'entrée même du parc. Le fondateur du resto ayant eu le nez creux dans les années 20 en sentant se développer le tourisme du parc... Sa famille a depuis installé : un hôtel, 2 restos, un camping, un motel, un loueur de quads, un spectacle de rodéo... Mais bon, la faim nous faisant oublier ces considérations, nous mangeons là : correct et pas cher, surprenant pour un attrappe-touriste, enfin, surprenant pour nous français, habitués à nous faire tondre par l'industrie du tourisme française...

S'ensuit une découverte du parc, menée à bon rythme, nous commençons par 2 points de vue en voiture, ensuite nous plions une rando en 1h30 "Gardens of Queen", c'est son nom, rallongée de la Navajo Loop. Un petit tour au fond du parc, en voiture encore, 20 miles tout de même!, c'est grand les USA... et nous terminons au Sunset Point, bah oui, le sunset approche...

Nous sentons une certaine fatigue de ces visites au pas de charge des parcs nationaux américains et nous commençons à nous impatienter d'arriver à Las Vegas. Mais je suis sûr que ce sentiment ne persistera pas dans nos souvenirs. Les vues que donnent ces parcs sont tout à fait extraordinaires, l'amphi-théâtre de Bryce Canyon avec ces Hoodoos (petites aiguilles) vaudrait à lui seul le déplacement et les petites randonnées alentours sont vraiment agréables au milieu des pins et du spectacle.

Aujourd'hui, vu qu'il n'y avait pas d'Internet hier à Tropic pour raconter nos tribulations, nous sommes à Page...

vendredi 27 juin 2008

Sur le chemins des anciens

Réveil 6h, mince ! Nous sommes en retard (pour changer diront certains) pour le lever de soleil sur Monument Valley. Ni une, ni deux, nous enfilons des vêtements et roulons vers la Navajo Nation pour prendre quelques photos de ce lieu historique pour les amateurs de western. Un voile ne permet pas de les prendre dans les meilleures conditions mais nous nous en contenterons ...

Retour au motel, certains vont petit-déjeuner, d'autres refaire une courte sieste ... Il est temps de se mettre en route pour Capitol Reef, notre prochain parc qui se trouve à 180 miles de là.
L'itinéraire commence par la montée vertigineuse d'un canyon sur un chemin en gravier , puis les paysages défilent: des plaines où l'on pratique l'open range (l'élevage de vaches sans clôtures) et des canyons rouges et blancs. Un arrêt au bord du lac Powell et nous repartons pour le Days'inn de Torrey, une petite ville à côté du parc national. Dans la voiture, ça pionce dur, la fatigue accumulée tout au long du voyage se fait ressentir.

Arrivée à 14h, il fait très chaud et nous nous accordons une petite sieste avant d'attaquer Capitol Reef.
Ce parc est principalement constitué d'une énorme falaise rouge et blanche d'une centaine de kilomètres. Nous commençons par une petite randonnée au fond des canyons, plus étroits que ceux précédemment rencontrés.
En remontant le parc, nous en profitons pour passer sur les chemins qui mène à quelques "scenic drive" (des points de vue pour touristes flemmards).
Le coucher de soleil nous attend au Sunset Point en haut duquel nous rejoignons quelques personnes pour admirer le reef sous une lumière rougeoyante.

Il nous reste à prendre notre beurgé du soir dans l'un des rares restaurants du coin, bien accueillant comme de coutume aux stats-unis.
Nous nous mettrons demain en route pour Bryce Canyon: Capitol Reef, c'est fait !

jeudi 26 juin 2008

The Needles & Monument Valley

Aujourd'hui, visite d'une autre partie de Canyonlands NP : The Needles, avant de poursuivre plus au sud pour la visite de Monument Valley.

La journée commence avec une bonne surprise. Lorsque nous avons annoncé hier matin au motel que nous resterions une nuit de plus, la manipulation informatique n'a pas bien été effectuée et le paiement de cette deuxième nuit était impossible ce matin, nous avons donc économisé 100$ ce qui est plutôt sympa.

Direction donc The Needles au sud de Moab. Cette partie du parc doit sont nom à une barrière d'aiguilles (voire les explications de Laurent dans son post d'hier), certes remarquable mais qui ne représente qu'une petite partie du site. Celui-ci est beaucoup moins spectaculaire que Island in the Sky mais présente un paysage minéral mélangeant roches à dominante rouge, arbres morts argentés, arbustes et résineux d'un vert profond, tout ceci sur un terrain accidenté qui promet de superbes randonnées.
Malheureusement nous n'avons pas le temps (ou peut-être pas le courage, ou peut-être qu'il fait trop chaud), nous nous contenterons donc d'une petite promenade d'une heure avant de pic-niquer près du visitor center.

Nous prenons ensuite la route de Monument Valley et nous arrêtons à Mexican Hat, un village au bord de la route 163 : 3 motels, une station service et quelques mobiles homes. Heureusement pour nous il reste de la place dans un motel récent et de bonne qualité. Après le check-in, la vérification de la propreté de la chambre et de la connexion internet, nous prenons la route de Monument Valley en fin d'après midi pour avoir la meilleur lumière.

Monument Valley est LE parc de référence des amateurs de western (et des piliers de cafet à Seclin) avec ses buttes de roche rouge disséminées dans la plaine. C'est un parc habité et géré par les indiens Navajos qui contrôlent strictement l'accès et les déplacements dans le parc et y vendent leur artisanat local. Le seul moyen d'y circuler est d'emprunter l'unique route de terre qui serpente au milieu des buttes pour un circuit d'1h30 (Nous apprécions de plus en plus le 4x4). Malgré la petite couche de nuage qui couvrait le site à notre arrivée, le soleil couchant finit par percer et fait flamboyer les buttes qui ne demandent plus qu'à se faire photographier.

Nous quittons le parc après avoir effectué le tour en prévoyant de revenir demain matin au levé du soleil pour prendre la fameuse photo de la cafet. Il nous faut alors trouver un endroit ou nous restaurer sachant qu'il n'y a rien à des dizaines miles à la ronde. Nous nous retrouvons donc au seul restau de Mexican Hat, un steak house en terrasse avec groupe de country/blues en prime : ambiance assurée.

Demain, retour vers le nord pour la visite de Capitol Reef NP.

mercredi 25 juin 2008

Island in the sky

Quel joli titre... et c'est aussi le nom d'une des trois sections de Canyon Lands N.P. (National Park).

La journée commence par une errance destructrice pour le moral pour trouver l'entrée... En fait, c'était simple, il suffisait de s'entêter vers le nord à la sortie de Moab, 9 miles, tout de même. Nous achetons le pass qui permet d'entrer autant de fois qu'on veut pour une année dans tous les parcs nationaux à la charmante ranger qui tient le checkpoint. Au Visitor Center, nous achetons de l'eau, une carte et une autre ranger nous indique certains circuits que nous pourrions faire. De l'eau, c'est important vu la chaleur, 1 gallon (3.78L) par personne et par jour... malheureusement pas de nourriture à vendre : nous passerons la journée avec un reste de paquet d'Oreo, des biscuits bien américains et un peu écoeurants tellement ils sont sucrés.

La première rando, légère de 2 heures tout compris, nous met notre première claque, et oui, pour répondre à Cédric, l'Amérique, c'est vachement profond... nous dominons à plus de 2000 mètres, un spectacle ahurissant de canyons, de mesas (les plateaux qui se terminent en à-pic sur leur extrémité), de butte (les formes issus des mesas mais plus érodées et détachées du reste du plateau, un peu comme une boîte à chaussure posée sur le sol), et de needle (les aiguilles, issues des butte mais encore plus érodées et il ne reste qu'une aiguille plantée dans le sol)... Profonde l'amérique ? C'est clair! Et majestueuse aussi. Je vous passe le commentaire facile sur le sentiment d'être un petit homme devant ce spectacle... même si on ne peut s'empêcher de le penser sincérement dans pareille situation.

La deuxième rando nous fait cheminer le long d'une corniche sur quelques centaines de mètre. Un faux pas et hop, le plus beau et aussi le dernier plongeon de sa vie sur quelques centaines de mètres. Nous nous tenons un peu éloignés ;). La vue, là aussi, est... je ne sais pas, trouvez vous même.

La journée dans Island In The Sky se termine, après avis auprès d'un ranger, par une redescente en 4x4 vers Moab, mais par la piste. 3 heures tout de même sur une piste défoncée, me passeront l'envie, si elle a jamais existée, de faire du 4x4. Quel tape-cul ! Et puis, on avance difficilement à plus de 10km/h... Heureusement, le début est extraordinaire. Une descente directement dans le canyon... où l'on prend conscience de la profondeur de cette Amérique que nous visitons ;), hein Cédric ? De petits lacets, avec comme accotement du rien... mais vous verrez les photos. Flippant ? Oui ! Sur la fin de la piste, nous passons à côté d'une exploitation de potasse avec des bassins d'un bleu, très certainement profond lui aussi (ça y est, je crois que tout le monde a compris), enfin type piscine en quelque sorte, où se dissipe l'eau et où des locaux récupère les cristaux.

Mais nous ne pouvions pas en rester là, c'était trop peu pour nous et il n'était que 18 heures. Un détour à Moab pour remettre de l'essence et c'est reparti vers Arches, le parc nationnal d'à côté, célèbres pour ses arches justement, taillées dans la roche par l'eau dans des temps passés. Romain s'occupe des tractations avec un ranger en train de descendre les couleurs de son pays, dans le but de récupérer un plan. Le visitor center est fermé après 18h30. Oui, nous sommes bien préparés ! Nous faisons route directement vers la "delicate arch", mais le temps d'y monter nous rebute, nous nous contenterons de la vue depuis le "upper view point", rapide d'accès, surtout avec Romain qui fait des bulles à l'horizon et qui a décidé que ça ne traînerait pas ;). Décevant à cette heure-là de la journée, la vue sur l'arche est à contre-jour. Nous aurions dû faire le bout de chemin un peu plus long et monter à l'arche elle-même, tant pis. Nous sommes ensuite allés vers la "landscape arch", bien plus "délicate" à mon sens et, en tout cas, élancée que l'autre. Mais le soleil était passé derrière la montagne, et l'arche était à l'ombre, nous avons néanmoins continué sur la piste pour arriver sur un promontoire sympa, avant de redescendre, crevés, et sortir du parc vers 21h30 soit 3 heures tout de même après y être entrés. Vers 22h, nous étions devant Denny's et c'est là que Rémi qui dira cette phrase célébre : "il me faut un beurger", un burger, quoi. Evidemment, il y aura aussi le milkshake fraise ou banane pour terminer de nous remplir le ventre...

Ce matin nous quittons le Days Inn de Moab où nous avons passé deux nuits pas mal du tout et nous partons vers une autre section de Canyon Lands...

mardi 24 juin 2008

Courses de côte

Départ à 9h00 des plateaux de Colorado Springs à 1800 mètres d'altitude, Laurent prend le volant en direction de Pikes Peak.

Ce sommet est notamment connu pour sa fameuse course de côte immortalisée dans le court-métrage "Climb Dance". Quelques miles plus tard, nous arrivons au péage de la Pikes Peak Highway, une route de bitume et de terre de 19 miles qui nous mènera au sommet à plus de 4300 mètres. La montée se fait à bonne allure après avoir poussé quelques véhicules sur les bas côté. La montée est raide, longue de ses 150 virages, les embrayages des automatiques américaines souffrent autour de nous, notre 4x4 quant à lui, tient bien la route au grand désarrois de Laurent qui aurait aimé drifter au bord des ravins sans glissières. Le sommet nous offre une vue sur Colorado Springs ainsi que sur des sommets enneigés.
Une heure plus tard, nous entamons la descente par la même route. Quelques véhicules s'écartent de notre chemin, à mi-parcours nous arrivons à un checkpoint où un gardien de l'ordre contrôle la température de nos freins ... Laurent est recalé, il dépasse la limite des 150°C de 30°C, le Ranger nous prie de nous arrêter quelques minutes pour les faire refroidir. Nous en profitons pour entâmer une discution avec ce dernier, il nous confie avoir monter avec Ari Vatanen à l'occasion d'une des Pikes Peak Hill Climb.

12h30, il est temps de reprendre notre chemin, nous avons réservé (exceptionnellement ...) un Days'inn à 650 kilomètres de là.
La route grimpe encore nous amenant à plus de 3000 mètres sur les hauts plateaux du Colorado: de vastes prairies verdoyantes encadrées de montagnes aux sommets blancs atteignants 4000 mètres nous y attendent. Les habitations sont rares, les chevaux et les animaux sauvages occupent l'immense espace encore vierge. Nous nous dirigeons vers Leadville, une petite ville perdue où nous consommerons un mauvais plat de pâtes.

La descente s'entame pour entrer dans l'Utah via l'Interstate 70. Le paysage change encore: la température augmente, les montagnes disparaissent pour laisser place aux canyons rougeoyant , tandis que la végétation disparaît. L'autoroute traverse un décor presque lunaire.

Nous sortons de l'Interstate, entrant dans les canyons pour atteindre notre destination vers 20h30. Moab est une petite ville mormone entre les parcs de Arches NP et Canyonlands NP.

Après près de 1000 miles sur 2 jours, le dîner se fait chez Denny's, se terminant par un très bon milk-shake fraise ...

lundi 23 juin 2008

Sur les traces des pionniers du Far West

Aujourd'hui, étape de 500 miles, la plus grosse depuis notre arrivée.
Grosse étape car nous traversons tout l'état du Kansas pour rallier Wichita à Colorado Spring.
A la sortie de Wichita, le paysage change très rapidement et nous découvrons les premiers champs de céréales. Même si cela ne ressemble pas tout à fait à la plaine que nous avions imaginé, le safari reprend avec les bateuses comme cible. Le gros truck américain restant une bonne cible aussi bien évidement.
La route se déroule, droite et large sur des kilomètres, chaque virage deviens un événement. Nous ne sommes plus sur une interstate mais ça y ressemble comme deux gouttes d'eau.
Nous traversons quelques "villes" qui ressemblent de moins en moins à des villes au sens européen du terme et de plus en plus à des zones artisanales avec quelques maisons en bois dont certaines sont quasiment en ruine et des mobiles-homes. Certaines ont même récemment été quasiment rasées par une tornade. Nous sommes définitivement dans l'Amérique profonde.
Nous faisons étape à Garden city pour avaler notre burger quotidien et repartons rapidement car la route est encore longue.
Plus nous avançons dans la journée, plus le paysage se modifie. Les arbres disparaissent et laissent place à la steppe pour finir par un quasi désert d'herbes sèches.
Après notre étape quotidienne pour remplir le réservoir de notre 4x4 gourmand à Las Limas, nous modifions les horloges car nous venons de franchir la limite notre premier fuseau horaire.
Pour finir la soirée, dîner dans le downtown de Colorado Springs et retour au motel ou nous devons préparer plus sérieusement la prochaine semaine que nous allons passer dans les parcs.

dimanche 22 juin 2008

We need oil, just drill !

C'est ce que m'a dit un américain pure souche de 70 ans environ, mais j'y reviendrai plus tard.

Départ ce matin de Kansas City, il était temps qu'on s'en aille, le Days Inn nous avait bien déçu. Une première chambre dégueu que nous n'avons pas accepté, une deuxième chambre so-so, et ce matin, un petit-déj qu'on pourrait qualifier de "léger"... Départ vers Wichita donc, en nous trompant de route, Kansas City ne nous a pas réussi de ce point de vue-là, nous n'avons pas arrêté de nous planter, jusqu'à croire que nous étions dans un certain Days Inn de la ville, alors qu'en fait nous en occupions un autre... Bref, cela nous permet de repartir sur la Interstate 70 vers l'ouest, et d'improviser une étape pendant la matinée : Topeka, qui ne nous fait pas faire un grand détour.

A Topeka, nous tombons sur un marché. Enorme surprise de trouver un marché comme par chez nous en plein milieu du Kansas. Population locale pas trop accueillante pour les photographes que nous sommes, j'entends un "no picture or I'll break the camera" sortir de la bouche d'une vieille femme, alors que j'essayais de prendre un étalage avec des gens devant. Bref, on remballe, on tourne un peu dans la ville et le constat tombe : Topeka, c'est comme Springfield dans l'Illinois, des bâtiments mégalos, pas de centre et personne nulle part... Ca a l'air d'être un standard des villes de taille moyenne.

Nous repartons par la Interstate 35, vraiment vers Wichita cette fois. Sur l'autoroute, Rémi se régale des exploitations agricoles que l'on aperçoit. Un petit air de verts pâturages comme dans les westerns, d'énormes espaces, quelques vaches qui, dans cette immensité, ne doivent manquer de rien... C'est assez vert comme paysage et il doit pleuvoir pas mal par ici. Quelques miles avant l'arrivée, nous croisons El Dorado, est-ce la ville du western d'Howard Hawks ? Nous apercevons aussi des extracteurs de pétrole, est-ce du pétrole ou de l'eau qu'ils remontent ?

Wichita est surtout une banlieue... avec un gros centre commercial Wal Mart et tout le reste, mais aussi des usines aéronautiques, comme dans le reste du Kansas, Beechcraft, Boeing, Cessna, Stearman, etc. Eh oui! c'est à Wichita que sont sortis d'usine une grande proportion des bombardiers de la 2nde guerre mondiale, et une bonne proportion de la production aéronautique mondiale depuis 1921... enfin, c'est ce qu'annonce fièrement le Kansas Aviation Museum que nous avons rejoint après avoir mangé une pizza chez Pizza Hut et avoir erré un peu dans une banlieu résidentielle incroyable... à l'américaine et même plus que ça.

Dans le musée, nous savions qu'il y avait un B29, un B52 et un Beech Starship... nous ne savions pas qu'il y aurait un vieux bonhomme absolument passionné par la restauration de son B29 "doc". Il nous en apprend un peu sur l'historique de la récupération et de la restauration qui dure depuis 2000. Mais il nous en apprend surtout sur ce que l'Amérique profonde pense. Il dit d'emblée qu'il adhère à la NRA (National Riffle Association), se justifie avec le slogan "ce ne sont pas les guns qui tuent des gens, mais les gens qui tuent d'autres gens". Pas faux en vérité, mais pas vraiment réaliste, en tout cas plus maintenant, ce qu'il dit d'ailleurs : "De mon temps, tout le monde avait un gun et personne ne tirait sur personne". Il embraye sur les "ecologist wackos" qui voulurent préserver les animaux qui avait élu domicile dans son avion avant qu'il ne soit récupéré en plein milieu du désert. Et puis, comment faire voler cet avion qu'il restaure depuis si longtemps avec de l'essence à 4$ le gallon ? C'est là qu'il lance, "We need oil, just drill". Voilà, le message de l'Amérique au reste du monde, trouvez-leur du pétrole et tout ira mieux... Le choc des cultures en quelque sorte. Mais malgré tout ça, cet homme était absolument extraordinaire, avec une passion généreuse qu'il aime faire partager... je l'ai aimé. Sa conclusion me plaît : "Le problème dans ce pays, c'est que le monde entier connaît l'Amérique et que personne en Amérique ne connaît le reste du monde".

Au fait, ce soir nous dormons dans un Motel6, propre mais chambre petite et pas de petit déj. Wendy's fait des milkshake corrects, nous nous contenterons de ça pour dîner. L'appétit nous fait défaut maintenant...

samedi 21 juin 2008

Kansas City : Go West !

Ce vendredi, une fine pluie a fait son apparition sur Saint-Louis. Après un petit déjeuner sommaire et quelques minutes devant The Weather Channel, il semble que nous passerons encore entre les gouttes pour notre étape vers Kansas City.

Départ à 9h00, nous prenons l'Interstate 70 en direction de l'ouest pour 250 miles. Le paysage change rapidement, les vastes plaines laissent place à une campagne plus vallonnée qui nous obligent même à prendre quelques virages sur la route. On joue un peu avec les camions histoire de tenter quelques photos et nous arrivons à la périphérie de notre destination, où nous trouvons rapidement le Days'inn qui nous fera la nuit.

Reste à nous trouver de quoi manger, le choix se porte sur un fast-food pour le plus grand bonheur de Rémi. Nous testons le Wendy's, un MacDo like un peu plus à l'ancienne. De jeunes américains côtoient les plus anciens, le contraste est assez marquant.

Arrivés dans le downtown de Kansas City, nous nous livrons à notre safari photo depuis le 4x4, la ville est particulièrement désertique en milieu d'après-midi pour une ville aussi importante.
Nous posons la voiture dans un sous-terrain du centre pour prendre la mesure de la ville à pieds.
L'absence de population et la température nous poussent du côté d'un pub du centre près d'une scène où des musiciens s'installent. Quelques pintes plus tard, les locaux affluent, nous prenons le temps de les observer de prendre quelques contacts rapides avec le barman ou une femme qui pense m'avoir vu pour une pub Kodak (ah les effets de la Guinness ...).

Un peu plus loin, nous trouvons un restaurant spécialité barbecue pour la soirée: en nous plaçant, une affiche annonce la couleur "Eat like a pig !". Une fois Rémi et moi vaincus, Laurent reprendra tout de même un dessert ...

Nous rentrons laborieusement au motel que nous avons momentanément perdu ...

vendredi 20 juin 2008

Saint Louis, c'est fait !

Hier matin départ pour la première étape de route. 300 miles entre Chicago et Saint Louis. Pourquoi Saint Louis et pas Des Moines ? Parce qu'après mures réflexions, il a paru plus intéressant d'aller vers une ville qui n'avait pas encore été inondée, que vers une ville inondée... Des Moines a bien souffert de la pluie de la dernière semaine et il semble que des personnes ont été déplacées... nous avons eu peur de trouver les motels remplis par des "inondés". Bref, direction Saint Louis, donc, en passant par Springfield sur la 55 Interstate. Le long de l'ancienne route 66.

Comme le dit Romain, ça cruise. Notre 4x4 en mode régulateur automatique, une conduite décontracte où tout le monde vit sa vie; genre on double par la droite, oui, par la droite, ou par la gauche en fait, il n'y a pas cette loi comme en France où l'on doit dépasser par la gauche. Ici, le pays de la liberté ;), tout le monde dépasse par où il veut et reste sur la file qu'il veut. Vous le croirez ou non, mais, aux vitesses auxquelles ils roulent, ça se passe super bien! 65mph soit 105 km/h. Déjà pas si mal, surtout que personne ne la respecte, et en roulant à 70mph, prudents ces français, non ? on se fait largement doubler. Par la gauche ou par la droite, donc.

Springfield, allez savoir si c'est la ville des Simpsons ?, encore dans l'Illinois, nous a servi de pause déjeuner. Une ville "d'ici", sans véritable centre, des immeubles administratifs complètement mégalos, et puis, personne ou presque. Je n'en retiendrai pas grand'chose, si ce n'est que nous sommes maintenant vraiment dans l'Amérique profonde. Proprette en générale, je trouve assez conservatrice, avec des drapeaux américains, des statues à la gloire des pompiers et des policiers qui servent les villes, et aussi en ruine de temps en temps. Personne ne prenant le temps de démolir les immeubles devenus obsolètes.

Arrivée sur Saint Louis vers 5pm, avec une vue imprenable sur l'arche et sur le Mississipi river... un peu haut vu de loin. Grosse ville, un downtown bien sympa avec des immeubles apprentis skyscrapers... Moi, j'ai assez aimé cette ville, avec quelques personnes dans les rues, c'est assez rare pour être signalé. Une vraie mixité, noirs/blancs contrairement à Chicago où les noirs sont plutôt dans les rues aussi mais derrières les balais.

On a choisit un motel Days Inn pour la nuit, pas loin de l'aéroport de Saint Louis, après avoir erré pas mal dans une banlieue industrielle et, pour le coup, pauvre. Tout y est assez délabré, des gens qui zonent et d'autres qui sont devant leur maison, grande certes, mais mal entretenue, dans des quartiers, grands et mal entretenus aussi.

Le soir, on trouve le quartier des restaurants, Rémi mange une salade, très bonne paraît-il, nous un burger, classique et un peu lourd quand c'est déjà le 4 ou 5e du voyage ! KitchenK, le nom du resto. Dans la foulée, on marche un peu direction du mississipi, en crue, avec les parkings des berges qui commencent sérieusement à être recouverts, et un casino flottant, où personne ne jouera ce soir... le ponton noyé.

Une photo de l'arche, une rencontre avec un musicien black, quelques photos et au dodo.

Aujourd'hui, c'est direction Kansas City !

PS: la carte google maps ici sera mise à jour régulièrement, enfin, tant qu'il y aura du WiFi.

Chicago - The "skyscrapers" city

Désolé pour le retard, c'était mon tour mais j'était trop claqué hier soir pour poster.

Donc hier, journée marathon pour la visite de Chicago.
Après une nuit courte (trop chaud dans la chambre, décalage horaire et Romain qui prend toute la place) et un gros petit dej, départ à 8h à bord du Xterra (du jap et pas de la Ford au grand désespoir de Laurent) direction le centre ville.

Suivent les bouchons sur l'autoroute, la traversée de toutes les banlieues possibles (les riches, les pauvres et les zones industrielles) avant d'arriver au premier magasin de photo pour récupérer le matos commandé par Laurent. Tout ça avec en arrière plan la Sears tower et la bonne centaine de building qui compose le loop.

Piloté par Romain (il connais le loop par coeur depuis) et drivé par Laurent, on arrive au parking pour garer le 4x4 et on passe par le deuxième magasin photo "central camera". Celui-ci est complètement hallucinant, une espèce de caverne d'ali baba ou se côtoie le matériel le plus récent et les occasions les plus improbables. Les murs sont couvert de vielles pubs des années 70/80 couvertes par la poussière. Celui-ci n'est pas pour autant mourant, il y a plusieurs vendeurs qui s'activent pour servir autant de clients.

De là (et malgré la lumière trop dure de la mi-journée) commence le safari photo dans le loop et au bord du lac Michigan en direction du Navy Pier d'où part l"architecture tour", balade en bateau commentée pour découvrir les principaux buildings de Chicago.

Le tour est repoussé à plus tard dans l'après-midi (pour cause de mauvaises conditions photographiques) et nous retournons vers le loop dans lequel nous tournons à pied une bonne partie de l'aprés-midi. On passe par un magasin de disques de jazz (soit disant le plus grand du monde) qui est aussi impressionnant que central camera. Des milliers de disques de jazz et de blues, neufs et d'occasions, il y a de quoi y passer une journée entière à fouiller dans tout ça. Mais bon, c'est pas tout mais il faut retourner au lac pour faire le tour en bateau.

Retour qui veux dire, re-30 minutes de marches et Laurent commence à traîner la patte à cause d'un mal de pied persistent. Il va y gagner le surnom de "handi-shooter" trouvé par Romain mais ça ne le fait pas vraiment marrer ;-) Le tour est très intéressant et permet grâce à de rapides notions d'architectures (moderne et post-moderne) de découvrir les buildings sous un nouvel angle.

Ensuite, retour express à la Sears tower en taxi (Laurent ne peux plus faire le trajet à pied) ou nous assistons au couché du soleil depuis le 110 ieme étage de la tour la plus haute du monde après les tours Petronas. Il va de soit que la vu à 360° est magnifique et que ça shoote dans tous les sens.
On se finit avec une pizza monstrueuse dont les restes finiront dans les mains de deux SDFs ravis.

Pour finir avec nos impressions, Chicago est une ville à l'américaine, avec de grandes avenues et sans véritable centre. En dehors de la sortie des bureaux, il y a très peu de vie dans les rues et la nuit c'est carrément désert. Malgré ça on a un sentiment de sécurité du à l'absence d'agression par l'environnement ou par les gens qui nous entourent. Nous avons l'impression d'avoir fait le tour de la ville n'avons pas de regrets de ne pas rester plus longtemps.

Demain l'aventure commence vraiment avec le départ vers Saint Louis.

mercredi 18 juin 2008

Bien arrivés !

Si certains des hypothétiques lecteurs de ce blog se posent la question, oui, nous sommes bien arrivés. Pas de problème, à part un petit retard au départ à cause d'un passager avec bagages enregistrés qui n'est pas monté dans l'avion et des policiers des frontières US toujours aussi zélés.

Nous avons la voiture, nous sommes à l'hôtel pour les deux premiers soirs.

C'est parti...

Ah au fait, ça poste de la tof ici :

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jeudi 12 juin 2008

Roadtrip 2008 : Chicago - San Franscico

Notre périple est approximativement décrit sur Google Maps. Il évoluera bien sûr en fonction de nos (més)aventures.
Description rapide : nous arrivons à Chicago, puis direction Kansas City, ensuite Denver avant d'entrer dans les canyons pour la visite des parcs (Arches NP, Canyonlands NP, Glen Canyon NRA, Zion NP, Grand Canyon NP), puis étape à Las Vegas. Il restera à traverser la Death Valley et Yosemite NP avant l'arrivée à San Franscico. Au bas mot 4000km pour ce trajet, les divers détours, arrêts et mésaventures risquent de nous amener plutôt vers 5 à 6000km ...